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GRAND RAID Dentelles Ventoux
17 et 18 mai 2008 - Pour aider la recherche contre
les Glycogènoses
La prochaine édition du GRAND RAID Dentelles Ventoux, organisée
conjointement par le ROTARY CLUB D'ORANGE et RAID INTERNATIONAL
ORGANISATION ( association dévolue à l'organisation
de courses pédestres et animée par des Rotariens),
se déroulera les 17 et 18 mai prochain sur les contreforts
du géant de Provence.
Cette superbe course pédestre de 100 kms, en individuel
ou en relais, (classée ultra-trail) dans un environnement
exceptionnel, dont l'organisation fut reprise par le RC Orange en
2006, ne cesse de se développer, et devrait attirer près
de 500 concurrents pour cette 9ème édition, dont de
nombreux étrangers.( Allemands, Belges, Espagnols, Italiens,
Lichtenstein, Suisses, ..)
L'organisation très complexe et lourde, compte tenu de la
longueur du parcours, ne peut se réaliser qu'avec l'aide
et le concours de nombreux bénévoles et surtout la
participation active des Clubs rotariens de Avignon Villeneuve,
Carpentras, Vaison la Romaine et Nyons Valréas et Inner-Whhel
Orange. Au total ce sont donc près de 200 personnes qui seront
mobilisées durant les deux jours de course.
Grâce au soutien de nombreuses entreprises, donateurs et
bienfaiteurs et du District 1760, cette superbe action a permis
de dégager des sommes importantes pour aider la recherche
contre les glycogènoses.
C'est ainsi qu'en deux ans le RC Orange et RIO ont pu remettre
la somme de 42000 euros à l'AFG (association Française
des Glycogènoses), permettant ainsi la mise en place d'un
programme de recherche en thérapie génétique
sur trois ans.
SPORTIFS DE BON NIVEAU , VENEZ NOUS REJOINDRE ET PARTICIPEZ A CETTE
SUPERBE AVENTURE, (en individuel ou par équipe) DANS UN CADRE
UNIQUE ET UNE AMBIANCE EXCEPTIONNELLE .
Henry BOUACHON
Pdt de RIO
Ancien pdt RC Orange 2005/2006
06 22 03 35 20 - bouachon.henry@wanadoo.fr
Pour tous renseignements consultez notre site : www.astrado.org
Téléchargez
le dossier de presse.
Le 12 mai 2007...
Quand on a presque trop chaud en short court sur la ligne à
4H30, on peux s'attendre au pire en degré Fahrenheit.
Quand au km4 on voit la sulfateuse vaporiser sur les vignes, on
peux raisonnablement compter sur un mistral inexistant.
Je pars avec Gilles. Son premier ultra. Il n'a jamais couru plus
de 36Kms. Il appréhende. Il aurait horreur des descentes.
Il est prévu que l'on fasse route commune jusqu'au sommet
du géant et que je parte devant dans la descente sur Brantes.
Ce qui nous laisse un marathon de complicité acquise.
Coucou Stéphane qui partira vers le Km 8 et qui finira 14.
Coucou Yoyo qui partira vers le Km 8 et qui finira 4ème.
Et il est où ce type totalement novice en trail et en 100
bornes qui demandait conseil sur le forum du site de la course (astrado.org)
et qui finira 5ème ?
L'organisation nous a promis une petite rallonge de 3 Kms et "quelques
centaines de mètres
" pour éviter du bitume.
La suite nous prouvera que la réputation d'exagération
grossissante des provençaux est sans fondement.
Je vais passer une bonne partie de la course à comparer les
deux éditions 2006 et 2007. Parfois -souvent- à haute
voix au risque de saouler mes compagnons de course : "tient
l'an dernier y'avait plus de vent, tiens je croix qu'on passait
un peu au dessus, oh ! ils ont rajouté un peu de salé
aux ravitos, si je me souviens bien ça doit redescendre par
là, ah non etc.
". La non réponse des collègues
est une réponse.
Parfois, on fixe vraiment sur n'importe quoi et on emmerde tout
le monde avec ça.
Donc le départ, le col du Cayron, la sulfateuse, Stéphane,
Yoyo.
Et puis plus que Gilles et moi.
Il est visible que notre allure interroge mon compagnon. Il est
facile mais il ne sait pas combien de temps il peut durer à
ce train-là (50, 100, 200 bornes ?).
Le Lac du Paty est là, Km 17. Traversée du pont et
petite montée raide et courte avant de couper la route Malaucène-Bédoin,
et d'apprécier la plaine du Comtat Venaissin, le Lubéron,
le plateau d'Albion.
Et déjà le géant à portée de
main. Incroyable cette différence de point de vue entre les
pieds et les mains
Passages plus techniques en crêtes.
Première descente un peu caillouteuse sur la "combe
obscure". C'est encore frais et magnifique.
Enfin, on vire à gauche pour une dizaine de Kms à
flanc de coteau. Le pied droit côté aval. Le temps
que ma mini-contracture se rappelle à moi. J'ai de la peine
avec ce coté. Et ça ne date pas du week-end dernier...
Cependant, le sol est doux, c'est boisé, cassant mais agréable.
Des bonnes odeurs qui finissent enfin par me faire oublier celles
du parking de Gigondas, estampillées "étron-party"
dans le quart d'heure précédant le coup de feu.
Arrive le ravito du début de la combe de Curnier qui signe
le début de la montée du Ventoux. Le décor
rappelle l'ambiance des aventuriers de l'arche perdue. Des passages
très étroits à travers les roches, de la verdure
et de la grosse caillasse au sol. C'est peut-être l'endroit
dont on se souvient quand on a oublié le reste.
Mais on se souvient aussi pas mal de la portion qui nous ramène
200 mètres plus bas, pour rejoindre la combe de Fiole, alors
qu'on pensait avoir bientôt fait la moitié des 1500m
de dénivelés...
Elle monte très progressivement mais assez puissamment cette
combe de fiole. Au bout c'est le début de la lune. Le vent
nous rafraîchit, la pente se fait plus douce au milieu des
cailloux et la soupe est bonne à 1912 mètres. Il est
12H00 piles. 42kms et 7H30 de course.
C'est là que je vais devoir prendre mes responsabilités
et partir devant dans la descente. Laisser Gilles à sa solitude,
assumer la mienne, mais ne pas faire comme l'an dernier (je m'y
remet
) à descendre comme un bazu jusqu'à la
piste forestière avant d'être obligé de faire
du Cyrano après pour cause de jambes explosées.
La descente de 12 bornes se fait à la gestion et mon Gilles
tient plus que bien. Il avoue enfin avoir lu un article sur les
technique de descente de Vincent Delebarre, et que c'est miraculeux,
que ça passe tout seul : abaisser le centre de gravité,
se pencher vers l'avant et faire des petits pas. Juste une dizaine
de minutes de marche en fin de descente, la montée sur Brantes
et les massages.
9H40 de course. La masseuse se souvient de moi l'an dernier. Mon
ego gonfle. Un mec comme ça, ça ne s'oublie pas. Las,
elle se souvient de tout le monde
et avec une avec une précision
incroyable.
Décision : puisque Gilles va bien, on continue ensemble à
la vie à la mort jusqu'au bout.
La partie qui suit est plus délicate : elle nous oblige à
alterner marche et course. Pas tant à cause du sentier cassant
qu'en raison du cagnard. Ça tape en pleine face. Jusqu'à
St Léger.
Ce tronçon va faire une autre victime qui va nous accompagner
jusqu'au bout : Emmanuel de Caen.
Il a finit l'UTMB 2006 huit minutes avant moi, et il se souvient
du gars qu'il doublait et qui lui a dit "profites profites"
entre Argentière et Cham !
L'arrivée à St léger du Ventoux signe la fin
de la descente et de l'insupportable chaleur. On longe le Toulourenc
sur une bonne portion plate et bitumée et on traverse un
pont. On monte tout droit et tout raide dans les bois. C'est dur.
Les mots sont rares. Et on rejoint la route. "C'était
pas comme ça l'an dernier !" radote-je. Un organisateur
passant par là en voiture nous informe que c'est pas là
cette année non plus..." Faites encore 4 Kms sur la
route, et descendez au Cairn avant de reprendre le chemin initial"
A ma connaissance une bonne dizaine de personnes aura été
victime de ce débalisage.
Notre groupe de 4, un peu perdu, se voit proposer un retour sur
Veaux en voiture avec un autre organisateur. C'est d'accord ; tous
dans le 4X4. Mais le 4ème collègue qui nous accompagne
fait un malaise dans le véhicule. On l'étend sur l'herbe.
Appel des pompiers. Livide. Mal partout. Quelques minutes plus tard,
il est ramené au ravito de Veaux. Il va mieux mais attends
le médecin. Sa course s'arrête là.
Un peu choqués mais cependant décidés, nous
poursuivons en direction de Ste Marguerite avec une succession de
montées parfois très raides (un raidard impressionnant
sur 200mètres) et de descentes avant le ravitaillement.
Et quel ravitaillement festif dans ce hameau paradisiaque : une
bande de potes qui sont venus pour prendre du plaisir ensemble,
ça se voit. Et ils en donnent drôlement. Quelques vapeurs
viticoles se rappellent à la douleur de mon sevrage volontaire
depuis 8 jours. Bien sûr on y trouve les aliments classiques
du parcours, mais nous avons également droit aux quiches,
pizzas, saucisson, fromages et autres tapas colorés...
Ça rigole. On discute. On a pas du tout envie de repartir.
On s'asperge à la fontaine. Tiens y'a même la pharmacienne
de mon village.
Quel diplôme passer pour être bénévole
ici l'an prochain ?..
De fait, je leur dois une grande partie du confort de ma fin de
course. Si différence j'aurai pu faire, c'est d'ici jusqu'à
Gigondas.
Plus aucune lourdeur dans les jambes. Un gamin. Tout paraît
facile.
Comme mes deux ultras précédents, c'est dans le dernier
quart que ça va le mieux.
Comment ça se fait qu'il y ait plusieurs vies dans un ultra,
aussi différentes ?
C'est pas "un peu mieux" c'est "comme neuf".
Comment est-ce possible à ce point ? Est-ce vraiment le corps
qui va mieux, ou les clignotants de la douleur qui s'éclipsent
(ce qui peut-être ennuyeux) ?
Mais je ne vais pas partir seul maintenant. Mmmhh Non. Après
75kms de course à deux, et 20kms à trois ça
ne rimerait à rien. Quoique. Non.
Et puis ça me laisse une part de rêve pour mon prochain
ultra où je me testerai vraiment pour de vrai. Si j'en ai
vraiment le courage. J'ai tellement peur d'entrevoir mes limites.
Je comprend tellement ceux qui disent que pour entrer "dans
la famille" il faut avoir abandonné. Il faut en prendre
une dans le tarbouif. Avoir des corognes.
A l'ambiance musicale de l'accueil, l'arrivée à la
source du Groseau nous ferait croire qu'on a bouclé la boucle.
On s'assoit. Une bonne soupe. On repart assez vite après
une 5ème erreur de chemin (nostra culpa) ; Puis, une 6ème
à Malaucène. Que d'allers/retours. Pas grave.
Même si nous sortons les frontales, on devine bien les dentelles
dans l'obscurité (un croissant de lune suffit) et le St Amand,
on le voit de loin, mais il en reste des bornes avant d'attaquer
la montée finale. Ces bornes sont assez bucoliques. Assez
vertes. Le monotrace doux pour les pieds et pas violent. Le raidard
vers la crête du St Amand est pris comme le dernier effort
de la journée. Et c'est Gilles, l'ex-maladroit des descentes
qui montre la voie dans la descente technique et nocturne du pas
de l'aigle. Il m'impressionne : il a juste rajouté 64kms
(Yoyo dirait 73kms) à ce qu'il avait fait de plus long. Emmanuel
semble avoir un petit coup de moins bien après avoir mené
le convoi depuis le Groseau. Mais la fin approche. Et le dernier
ravitaillement est encore une fois à la hauteur. Deux grattes
électriques chantent le blues. Merguez. Quiches. On s'assoit
sur des chaises en toile. On voit repartir le numéro 33.
Ce n'est que le lendemain que je découvre que je lui doit
le privilège de poster sur le forum. Enchanté, Phil
!
Ça sent les genêts.
J'aime ces moments où l'on sait que c'est gagné (8
bornes de descentes) ; la course nous appartient encore parce qu'on
est dedans. On était d'accord avec Emmanuel : quand c'est
finit, c'est tué. C'est déjà passé dans
le placard à nostalgie. C'est bien on va faire un récit.
Mais on ne maîtrise vraiment que le présent.
Mais l'idée est bien de finir. On ne s'arrêtera plus
de courir jusqu'à Gigondas.
20H48 tout les 3. On fait 47-48-49.
C'est chouette !
Il faut absolument venir à cette course.
Pour qui connaît la région, la beauté et la
diversité des paysages ne surprendront personne (quoique
le Ventoux est infini) mais si vous voulez être accompagné
par des bénévoles comme vous n'en avez jamais vu ailleurs,
faut venir ici au moins une fois.
Emmanuel KAPPS


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ACRODI est l'association de loi 1901 qui regroupe sur le
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